Oreka, tabouret à bascule en bois surcyclé
- Quentin Delion
- 15 août
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Oreka, tabouret à bascule en bois surcyclé — Bidart, Pays Basque
Oreka naît en 2016 dans l'atelier de Quentin Delion à Bidart, d'une envie personnelle plutôt que d'un cahier des charges précis. L'idée principale était un fauteuil à bascule. L'espace disponible au moment de la création de l'assise était alors un petit appartement. Le projet a donc été revu avec un léger changement d'échelle : un tabouret à bascule, dont le nom basque signifie équilibre, et qui garde du fauteuil son mouvement. Le plateau est en lattes de bois massif, porté par une structure métallique qui repose elle-même sur deux arcs en bois massif, l'ensemble allégeant visuellement l'assise. Le mouvement de bascule est actif, pensé pour accompagner une position assise, de travail ou d'apéro, sans jamais rester statique.
Le projet est aussi le premier exercice de production de petites séries limitées du studio. Il fallait penser vingt structures métalliques identiques, 60 lattes pour composer les assises, 40 arcs en massif débillardé, un temps d'atelier maîtrisé et un prix de vente tenable. Sans éditeur ni distributeur pour absorber le temps nécessaire au développement commercial, tout le risque de production et de vente reposait sur une seule personne. La réalité de l'autoédition, entre idée, design, prototype, production et distribution, est longue et complexe. Avec ces étapes incompressibles, vendre ce type de produit revient tout juste à rentrer dans ses frais. C'est cette contrainte projet, plus que la fabrication elle-même, qui a posé les bases méthodologiques (bois surcyclé, design artisanal) que Quentin Delion réutilisera ensuite sur des séries comme ADA RACK.
Le plateau assemble des lattes de bois par queue d'aronde traversante. Les pieds métalliques s'emboîtent dans le plateau par un perçage de 10 mm, et le même diamètre permet leur insertion dans les arcs de bascule à l'autre extrémité. Rien n'est vissé, l'assemblage tient par emboîtement mécanique. Cette solution, retenue en V2, corrige la première série : les vingt premiers exemplaires portaient un cadre métallique simplement vissé au plateau, sans queue d'aronde. Le passage à l'assemblage bois traditionnel a suivi une logique d'ébéniste appliquée à un objet de série, moins de matière métal et une meilleure fixation.
Les essences varient selon les chutes disponibles à l'atelier au moment de la fabrication : chêne (Quercus), platane (Platanus), frêne (Fraxinus) et noyer (Juglans regia) se sont succédé au fil des séries ( voir aussi comment choisir l'essence de bois pour son mobilier sur-mesure ) chacune huilée ou vernie selon le lot. Aujourd'hui, seuls le chêne et le platane restent disponibles, en finition huilée. La structure métallique est thermolaquée en blanc mat, un traitement confié à des ateliers spécialisés du Pays Basque, Lepoxi S.A. en Guipúzcoa ou Poli-Éder à Anglet.
Produire une assise en série a aussi révélé un problème que la forme ne posait pas au moment du dessin : le stockage. Sur les quarante tabourets fabriqués, plus d'une trentaine ont trouvé preneur. Garder des assises montées en attente d'acheteur immobilise un volume qui coûte cher au mètre carré sur la Côte Basque, où le foncier atelier n'a rien d'anecdotique. La V2 d'Oreka répond à ce constat par un stockage à plat, plateau et arcs séparés, puis l'assemblage est réalisé à la commande. Une leçon de production autant que de design, qui a orienté la façon dont Quentin Delion pense aujourd'hui ses séries limitées.
Oreka mesure 430 mm de profondeur, 350 mm de largeur et 445 mm de hauteur. Il reste quelques exemplaires disponibles à la vente à 280 euros, dans la sélection Éditions limitées du site internet.
Quentin Delion est designer et ébéniste à Bidart, au Pays Basque, spécialisé dans le mobilier sur-mesure et les petites séries issues du surcyclage de bois d'atelier. Un projet de mobilier ou d'objet en série sur Biarritz et ses alentours ? Parlons-en.










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